Inde du Sud: Tiruchirapalli - Madurai 29 janvier 2011
Samedi 29 janvier : Visite des sites d'Ammamandapa et de Srirangam. Continuation vers Madurai.
Depuis quelques jours nous baignons dans l’indouisme et nous connaissons bien tôt tout de Shiva, Parvati sa femme, Ganesh son fils, Kartikeya son second fils, Brahma, Saraswati son épouse, Vishnu, Lakshmi son épouse et des nombreuses réincarnation de ces dieux indous. Nous commençons la journée par une halte dans un lieu de pélerinage dans les hauts du fleuve sacré Cauvery (il n’est sacré que dans le Sud de l’Inde). Nous entrons par un hall et arrivons sur une esplanade en plein air surmontant le Cauvery. Diverses chapelles et lieu de prières sont parsemées sur ce site dominant les bains publics. Avant de se purifier dans le fleuve (c’est-à-dire de s’y laver tout habillé) les fidèles se livrent à diverses incantations sous la surveillances des brahmanes. Ils allument de petites lampes à huile, comme les cierges des églises catholiques, et versent de l’argent aux brahmanes. Il semble que les fidèles viennent de toute la région pour se baigner dans le Cauvery et que les jours de fête il y ait la grande foule.
Nous nous rendons ensuite au complexe de Srirangam qui est en fait une cité religieuse avec ses rues, ses magasins, ses habitations et ses nombreux temples. La conception du site fait penser à la Cité interdite de Péking. L’espace sacré dont l’entrée n’est réservée qu’aux indous est précédé de plusieurs enceintes formant les ruelles intérieures et extérieures de la cité. Des portes monumentales mènent d’une enceinte à l’autre. Le complexe qui a été modifié au cours des siècles est réellement impressionnant par son étendue. La coloration des temples a été réalisée des siècles après la construction et donne aux édifices un côté kitsch. Dans ce site se presse une grande foule (les groupes de touristes sont largement minoritaires) et tous les aspects négatifs de l’Inde refont leur apparition. Les mendiants et les estropiés y pullulent, les vaches sacrées se baladent au milieu des ruelles où piétons et motos ont déjà de la peine à progresser pacifiquement.
Dans l’après-midi nous prenons la route pour Madurai. Nous observons les nouvelles implantations industrielles au bord de l’autoroute (c’est également une nouveauté par rapport à notre précédent voyage) et les nombreuses écoles techniques récemment construites. Nous faisons également un arrêt pour observer les moissons dans une rizière. Les femmes y coupent les épis de riz avec des faucilles sous un soleil de plomb. C’est un des contrastes les plus flagrants de l’Inde : d’un côté la haute technologie et de l’autre les méthodes ancestrales et primitives de l’agriculture. Dans les villes et les villages, nous observons des maisons délabrées, voire abandonnées, et juste à côté de nouvelles constructions très convenables. Combien de temps résisteront-elles à l’humidité et à la mousson si elles ne sont pas rénovées fréquemment, that’s the question. L’entretien des bâtiments et le traitement des déchets me semblent les deux problèmes les plus importants dans cette région fertile de l’Inde du Sud.